Le secteur du meuble en Roumanie
Un secteur fortement exportateur
La Roumanie est un pays riche en ressources forestières.
L'exploitation et la transformation du bois ont toujours
eu une place importante dans l'industrie du pays.L'industrie
roumaine du meuble s'est considérablement développée
dans les années 1960 et 1980. L'ancien régime
a créé de nombreuses unités de transformation
du bois, avec notamment de gros "combinats"
employant plusieurs milliers de personnes.
En 1989, la production s'élevait à 675 Mil.
USD, dont 70% étaient destinées à
l'exportation. A cette époque, 202.000 employés
travaillaient dans ce secteur.
Le changement du régime et les années de
transition vers l'économie de marché ont
entraîné des nombreux changements dans ce
secteur. La désintégration du marché
des pays de l'Est (CAEM), où la Roumanie exportait
un quart de sa production, ainsi que les changements d'ordre
économique des années '90, ont fait chuter
la production de 50% entre 1990 et 1992.
Suite à ces années, l'on a vu apparaître
des nombreux fabricants de taille plus modeste avec des
outillages performants et une production plus flexible,
capable de s'adapter facilement à la demande.
En revanche, les anciennes sociétés d'état
n'ayant pas su s'adapter aux nouvelles règles de
l'économie de marché ont du être privatisées.
Un outillage obsolète, des coûts de production
trop élevés et le sureffectif, ont eu raison
de ces entreprises souvent divisées par la suite
en plusieurs entités.
Les années 1995-1996 ont permis de relancer le
secteur. En effet, les problèmes économiques
de la Roumanie, notamment l'instabilité de la monnaie
et la chute de la demande interne, directement liée
à la baisse du pouvoir d'achat des consommateurs
roumains, ont obligé les fabricants de meubles
à s'orienter vers l'exportation (principalement
en Europe occidentale ). Les marchés extérieurs
étaient à cette époque l'une des
solutions pour l'industrie locale et dans un certain cas
la seule alternative.Aujourd'hui, la production de meubles
est équivalente à celle de 1989, mais la
productivité a doublé (6.600 USD/pers/an
contre 3.340 en 1989).
Les exportations, qui représentent à l'heure
actuelle plus de 6% du total des exportations roumaines,
ont dépassé celles de 1989 (80% à
destination de l'UE). N'ayant pas de perspectives immédiates
de redressement du marché local les entreprises
roumaines, de plus en plus compétitives, vont continuer
d'exporter leurs produits sur le marché européen.
En 2010 et selon les estimations de l'Association des
fabricants roumains de meubles la production et l'exportation
du secteur auront doublé par rapport à 2002.
La production
En 1989, l'industrie roumaine du meuble comptait 497
entreprises. Ces sociétés existent toujours
mais la majorité d'entres-elles ont été
divisées pendant le processus de privatisation.
Aujourd'hui, le secteur compte environ 3.000 fabricants,
dont une majorité de petites PME et d'entreprises
artisanales de moins de 10 salariés. Seulement
140 entreprises emploient plus de 300 personnes. Aujourd'hui,
le secteur du meuble emploie 96.000 salariés.
La restructuration et les privatisations qui suivirent
ont été un processus difficile, long et
douloureux. Le manque de volonté politique et l'absence
des investisseurs étrangers ont entraîné
un marasme et ce jusqu'à la fin des années
'90. Dans beaucoup de cas, les sociétés
ont été achetées par des associations
de salariés. La résultante fut souvent un
management défectueux et un manque de fonds propres
pour leur remise à niveau. La Roumanie a donc logiquement
perdu une partie de ses marchés traditionnels dont
l'UE alors que la Pologne et la Tchéquie, qui ont
bénéficié des gros investissements
(notamment allemands) ont réussit à renverser
une tendance peu favorable.
La capacité de production de l'industrie roumaine
de meubles est estimée à environ un milliard
d'USD par an.
Les manufactures roumaines fabriquent tous types et styles
de meubles : du mobilier familial, du mobilier de bureaux,
de l'équipement de cuisine, du mobilier moderne,
du mobilier de style et d'époque, etc. Par tradition,
les meubles roumains sont en bois massif, principalement
en hêtre (50%).Les retards pris au niveau des investissements
ont été perceptibles dans toutes les activités
de la branche. Ainsi, la fabrication des panneaux et d'autres
semi-produits nécessaires à la conception
d'un meuble s'est considérablement ralentie. Pour
concevoir un produit de qualité, les entreprises
roumaines doivent souvent utiliser beaucoup des produits
et des semi-produits importés (la ferronnerie,
les étoffes pour le mobilier tapissé, les
panneaux agglomérés, ou les matériaux
de finition, etc). Certains types de meubles nécessitent
des accessoires et autres matières premières
importées (meubles de salle de bains, meubles de
cuisines, meubles de bureaux) que les fournisseurs locaux
ne sont pas toujours en mesure de fabriquer avec une qualité
suffisante.
Malgré la stagnation actuelle des marchés
européens, les prévisions des spécialistes
restent plutôt optimistes quant à l'avenir
de l'industrie roumaine du meuble qui devrait connaître
un rythme de croissance de 5-7% par an jusqu'en 2010.

Du point de vue juridique et en ce qui concerne la qualité
des produits et les technologies utilisées, la
Roumanie a adapté sa législation aux normes
et standards européens et internationaux (CEN et
ISO). Ces standards incluent les normes de protection
de l'environnement, de certification et de qualité,
de protection du consommateur, d'usage général,
etc.
Les investissements étrangers
Les principaux atouts de la Roumanie pour l'investissement
étranger sont les faibles coûts de production
(spécialement la main d'uvre), la présence
et la qualité de la matière première
et la main d'uvre qualifiée.Malgré
ces avantages, le secteur roumain de meubles n'a pas bénéficié
d'importants investissements étrangers et le nombre
de firmes à capitaux mixtes ou étrangers
reste encore très limité. Même si
les italiens (de loin les premiers), les allemands, les
suèdois et les turcs ont fait le choix de s'implanter.
Le fabricant italien NATUZZI commencera cet été
la construction d'une unité de production dans
le département de Maramures, sur une surface de
30.000 m². L'investissement est estimé à
15 mil. USD et l'entreprise emploiera 600 salariés.
Un autre italien, NUSCO, a récemment racheté
l'entreprise PIPERA de Bucarest.
Il est à noter que le groupe italien, Gruppo FRATI,
a inauguré une grande entreprise de transformation
du bois (MDF SEBES FRATI SA). Cette unité fabrique
des panneaux de fibres (MDF), avec une capacité
de 300.000 m³/an, des panneaux agglomérés
avec une capacité de 1.400 m³/jour et des
adessifs (115.000 t résines/an). L'investissement
s'est élevé à plus de 200 mil. USD.
Le groupe suédois IKEA a annoncé l'intention
de créer une deuxième entreprise en Roumanie.
La première a été inaugurée
en 1999, à Siret, dans le département de
Suceava.
Le plus important investissement français du secteur
a été réalisé par le groupe
PARISOT qui a racheté trois fabricants, dont un
à Bucarest (Mobilux, en 1996) et deux en province
(Sovata et Sarmas).
Toute la production est exportée en France.
Les exportations
Jusqu'en 1989, la Roumanie était le principal fournisseur
des pays de l'UE, avec une part de marché de 16,8%.
Après 12 ans, elle ne détient plus que 7%
des importations de meubles de l'UE, étant dépassée
par des pays comme la Chine, l'Indonésie, la Tchéquie
ou la Pologne
En 2001, les exportations ont représenté
78% de la production totale. 80% de ces exportations sont
à destination de pays de l'UE, l'Allemagne, la
France, les Pays-Bas et l'Italie étant les principaux
clients.
En 2001, les exportations ont atteint 500 mil. USD. D'après
les spécialistes, ce volume est bien en dessous
des possibilités réelles de l'industrie
roumaine.
Les principaux produits exportés en EU sont le
petit mobilier, le mobilier domestique, les chaises et
les meubles de jardin. Une partie de ces produits (meubles
en kit) est vendue par la grande distribution et les groupements
d'achat occidentaux. Une des préoccupations actuelles
des producteurs roumains est de regagner la confiance
du marché russe, où la Roumanie exportait,
avant 1990, pour un montant d'environ 120 mil. USD par
an.
Structure des exportations (%)

Malgré une grande diversité dans l'offre,
cette dernière ne correspond pas toujours aux attentes
du client final roumain. Le marché local est couvert
à 70% par des produits roumains. L'explosion de
l'immobilier de bureau, au cours des 2-3 dernières
années, explique l'augmentation de l'importation
de produits destinés au marché de l'entreprise.
Les marques étrangères présentes
sur le marché roumain sont : STEELCASE STRAFOR,
BENE (Autriche), TECHO (Tchéquie), etc.
A part le mobilier de bureau, la Roumanie importe aussi
beaucoup d'équipements de cuisines. Un certain
type de consommateur n'hésite pas à se fournir
auprès d'importateurs de mobiliers haut de gamme.
Structure des Importations (%)

Les meubles d'origine française présentes
sur le marché roumain sont représentées
par les marques GAUTIER (magasin ADORAMA) et DELIAS.
La demande
Le marché du meuble (estimé à 250
mil. USD) est largement dépendant de la situation
économique du pays et plus particulièrement
du pouvoir d'achat du consommateur. En 1989, le marché
de meuble était d'environ 750 mil. USD.
La dépense annuelle en mobilier d'un foyer roumain
est, sans doute, l'une des plus faibles d'Europe (environ
11,5 USD par habitant, en 2000). L'achat est rarement
un achat d'impulsion et, évidement, le prix du
produit est un facteur déterminant dans le processus
d'acquisition.
Le marché local est étroitement lié
aussi aux investissements du secteur du bâtiment
qui ont connu une forte récession au cours de cette
dernière décennie.
Le développement continu des immeubles de bureaux,
l'implantation des nouvelles filiales des compagnies étrangères
et la modernisation continue du secteur hôtelier
offrent toujours des débouchés pour les
importateurs de meubles.
La distribution
Pour le moment, il n'existe pas en Roumanie, des réseaux
de distribution des meubles indépendants des producteurs.
Les plus grands fabricants roumains ont ouvert leurs propres
magasins et showrooms dans tout le pays.
Ce le cas, par exemples, d'Elvila (une quarantaine de
magasins) et de Mobexpert. Cette dernière a créée
une chaîne de showrooms sous l'enseigne "Mobexpert
Gallery" dans plusieurs villes, qui offrent tout
la gamme de mobilier fabriquée localement (domestique
et bureau), ainsi que des meubles italiens importés.
Malheureusement, la plupart des fabricants ne se permet
pas d'ouvrir des showrooms en villes, donc la seule solution
est d'exposer leurs produits à l'intérieur
de l'entreprise, dans des showroom improvisés.
Les magasins de meubles sont très peu présents
dans les centres commerciaux et le bas/moyen de gamme
prédomine.
La grande distribution (Carrefour - 1 magasin, Cora -
le premier ouvrira début 2003, Metro - 15 magasins,
Selgros - 2 magasins, etc) explose depuis deux ans et
le petit mobilier domestique et de bureau commence à
être commercialisé. Il existe aussi quelques
magasins de type do-it-yourself, comme Bricostore ou Praktiker,
mais les distributeurs spécialisés ne sont
pas présents (Conforama, IKEA, etc).
Le meuble italien est bien représenté en
Roumanie et reconnu pour son design, sa fonctionnalité
et ses tarifs compétitifs (qualité/prix).
Le meuble français est apprécié par
le consommateur roumain du point de vue de la qualité,
mais il est généralement trop cher pour
le pouvoir d'achat local.
Accès au marché
Il n'existe pas des droits de douane ou d'accises applicables
à l'importation de meuble provenant des pays européens.
Le taux de la TVA est de 19%.
Mission
Économique de Bucarest
Rédigée par : Rafael LECU
Revue par : Olivier REMOND
Date de parution :Version originelle du 25 juin 2002
Version n°1 du 25 juin 2002
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