L'industrie roumaine des textiles et de l'habillement


Présentation du secteur

Le secteur des textiles et des vêtements, fer de lance de l'industrie légère roumaine, est un facteur important pour la production industrielle du pays comme pour ses exportations. En 2002, les exportations de textiles et vêtements représentaient 25,5% des exportations totales du pays.

Si l'industrie a pu être relancée, malgré la vétusté du matériel et la faiblesse de productivité dont on pouvait faire état à la fin des années 80, c'est grâce aux investissements étrangers et au développement de la production en lohn. La Roumanie est aujourd'hui le premier partenaire de l'Union Européenne en production lohn devançant la Pologne. Cependant, ce système, qui consiste à importer la matière première en admission temporaire puis à réexporter le produit textile une fois façonné, a énormément affecté les unités de tissage et de filage qui fournissaient avant les usines de prêt-à-porter.

Structure

A la fin 2002, 7.447 sociétés commerciales étaient répertoriées dans le secteur de l'industrie textile et de confection dans la structure suivante:




Parmi ces 7.447 sociétés commerciales, seulement 31 entreprises textiles sont détenues majoritairement par l'Etat, la plupart dans la branche textile. Le secteur compte donc aujourd'hui environ 99 % d'entreprises privées. Ce sont surtout des petites et moyennes entreprises créées de toutes pièces ou par rachat d'unités de production appartenant aux anciennes entreprises d'Etat, au début des années 90, mais on remarque également une augmentation significative du nombre des entreprises micro pendant les deux dernières années. Le taux d'investissement étranger y est élevé. Au cours des 11 dernières années, quelques 1.335 millions d'euros ont été investis dans le secteur dont 615 grâce à des investisseurs étrangers.
En 2002, l'industrie textile-habillement a représenté 3,2% du PIB et 8,9% du volume de la production industrielle.
Alors que le nombre d'entreprises de ce secteur est passé de 544 en 1989 à plus de 7.000 aujourd'hui, le nombre de salariés est passé quant à lui de 603.000 à 356.000 sur la même période ce qui représente 19,8% du nombre des salariés dans l'industrie.




Un secteur inégalement modernisé

Les technologies de fabrication existantes au début de la période de transition vers l'économie de marché dataient en majorité des années 1965-1980. De même, les outillages présentaient un degré d'usure avancé avec un pourcentage d'automatisation compris entre 6% dans l'industrie primaire et 25% dans la confection textile.
Au cours de la période 1990-2000, un processus de modernisation et de remise à niveau de la technologie de l'industrie textile et de confection a permis l'acquisition d'installation et d'outillage.
Cependant, les capacités de production du secteur primaire sont surdimensionnées et utilisées sous leur seuil de rentabilité.
Les filatures sont principalement de grandes unités, plus de 80% d'entre elles ont un capital majoritaire public, et connaissent des difficultés financières à cause de la compétitivité réduite des fils réalisés. Les unités de tissages sont surdimensionnées et sont dotées de techniques des années 1970-1980. Enfin, seulement 17% des unités de finissage ont été modernisées au niveau mondial grâce à l'investissement réalisé après 1991.
A l'inverse, grâce aux investissements réalisés après 1990 dans les unités existantes et à la création de nouvelles sociétés commerciales à capital privé, plus de 80% des capacités de production du secteur de la confection ont été modernisés.
Dans le domaine du tricotage, ce pourcentage n'atteint que 40% pour la production de chaussettes, bas, collants, et 20% pour la production de tricotage.


Caractéristiques

Alors que l'exportation occupe une place majeure pour l'industrie des vêtements, les producteurs de textiles (filatures, ateliers de tissage, usines de tricots et fibres pour tricotage) sont surtout concentrés sur le marché local. Par manque de structures efficaces de distribution, celui-ci n'est pas toujours attractif pour la vente de produits par les producteurs roumains de vêtements. En dehors de quelques notables exceptions comme Steilmann, Pierre Cardin, Bruno Saint-Hilaire qui font fabriquer sous licence en Roumanie, les confections roumaines s'exportent. Cependant, certains organismes commencent à mettre en place des programmes pour l'industrie textile et de confection, dont l'objectif est d'encourager les entrepreneurs roumains, principalement les PME, à créer leurs propres collections destinées au marché interne et à l'export. Le but est de proposer une alternative face au système lohn qui représente 90% de la production de vêtements en Roumanie.
La réputation de la main d'œuvre est bonne et le salaire net moyen du secteur est à l'heure actuelle de l'ordre de 100 dollars. Le taux de chômage de la branche est plus faible comparativement au taux de chômage global du pays qui s'élève à 12%, la force de travail occupant environ 20% de l'industrie roumaine. Le travail s'organise généralement en deux tours de 8 heures à compter de 6 heures.


Production

Le secteur textile roumain s'est fortement développé à partir de 1990 grâce à l'introduction de la production en " lohn ".
Malgré les avantages comparatifs dont dispose la Roumanie - coût de la main d'œuvre, proximité, personnel qualifié -, le secteur roumain de la confection textile n'aurait pu se développer sans la mise en œuvre de cette technique du " lohn " en raison des problèmes d'approvisionnement en tissus. En effet, les entreprises de production de fibres cherchent en priorité à exporter directement pour se procurer des devises alors que les entreprises de confection ne disposent des ressources financières nécessaires à l'importation de tissus.
En raison de la crise de l'industrie chimique, les entreprises roumaines sont également confrontées à une pénurie de certaines matières premières telles que les fibres synthétiques, les colorants ou les teintures.




Le système lohn

La production en lohn a donc une importance capitale dans l'industrie des textiles et des vêtements. De nombreuses formalités doivent être respectées pour bénéficier de cette procédure.
L'importateur doit verser une garantie bancaire aux autorités douanières, dont le montant est fonction de la valeur du bien et des droits de douanes auxquels il est assujetti, ceci afin de parer aux importations temporaires devenant définitives.
Lorsque le bien est ré-exporté, la caution est restituée intégralement, pourvu que dans le cas des biens transformés, la preuve soit faite que la quantité exportée correspond bien à celle importée (- les éventuels déchets à justifier).

Documents à fournir lors de la ré-exportation :

- D.I.V. "Declaratie de Incasare Valutara". Il s'agit d'un formulaire type fourni par la banque auprès de laquelle le paiement en devises de l'importateur étranger sera effectué. Doivent notamment être mentionnés sur ce formulaire : le montant en devises (préciser quelle devise) qui sera encaissé, l'organisme payeur, la date prévue du paiement.

- un descriptif exact, détaillé et fournit par écrit sur papier libre de l'utilisation sur le territoire roumain de l'ensemble des biens ayant fait l'objet d'une importation temporaire. Ce document doit clairement faire apparaître la "norme" (la quantité du bien importé utilisé pour chaque unité du bien transformé réexporté). Par exemple, pour le réexport de pull-overs, ayant nécessité l'importation temporaire de fils et de sachets plastiques d'emballage, le document doit donner la quantité exacte de fil utilisée pour constituer un pull-over, soit le poids de fil contenu par pull-over fini et le poids de fil par pull-over qui a été transformé en déchet. Le nombre d'unités exportées doit lui aussi être précisé.

- la déclaration douanière d'importation temporaire.
La société étrangère qui fournit le bien importé temporairement doit être celle qui rachète le bien transformé. En effet, la procédure lohn permet lors du retour des biens transformés sur le territoire d'origine, ou lors de son expédition vers d'autres pays, de déclarer comme valeur douanière uniquement le coût de revient des biens (facturation de la main d'œuvre + marge).

Commerce extérieur
Les échanges commerciaux de produits textiles (en millions de dollars)

*Nota: Les Importations comprennent aussi la valeur des produits travaillés en Lohn (matières premières: tissus, fils, accessoires textiles, fournitures...) qui ont une valeur de 1.590 M USD en 1998 et 1.749 M USD en 1999 et proviennent uniquement de l'U.E


Le développement de la sous-traitance européenne a permis d'augmenter les exportations roumaines de produits textiles.
En 2002, 82% des exportations roumaines d'habillements étaient destinées à l'Union Européenne. La Roumanie est devenue le premier fournisseur de l'Union Européenne devançant la Pologne. Les principaux marchés d'exportation sont l'Italie (25%) suivi de l'Allemagne (18%), la France (8%) et la Grande Bretagne (5 %)

Largement sacrifié dans le passé au profit de l'industrie lourde, le secteur textile recèle désormais des réserves de productivité importantes pour le développement de la Roumanie et représente une des principales sources de devises pour le pays malgré une chute du solde commercial depuis 96.
Par ailleurs, les besoins des ménages en produits textiles et d'habillement sont immenses. Dans cette perspective, plusieurs groupes sont également présents en Roumanie en tant que distributeur, en particulier les Français Z, Lacoste et NewMan, les Italiens Stefanel, Escada et Benetton, l'Allemand Steilman, l'Espagnol Mango...


Législation

Les négociations de la Roumanie en vue de l'adhésion à l'Union Européenne ont impliqué l'harmonisation de la législation en vigueur avec les Directives UE. Ainsi, afin d'éliminer les barrières dans la circulation des marchandises du secteur textiles-habillement, on a adopté les Décisions suivantes:
- l'Arrêté Gouvernemental 332/2001 concernant la dénomination, le marquage et l'étiquetage des produits textiles reprend les Directives 96/74/EC et 97/37/EC
- l'Arrêté Gouvernemental 762/26.01.2001 reprend: la Directive 96/73/EC concernant l'analyse quantitative des mélanges binaires de fibres textiles et la Directive 73/44/EC concernant les mélanges ternaires de fibres textiles


Mission Economique
de BUCAREST
Rédigé par : Oana PRUNEA
Revu par : Walid Otari
Date de parution : 15/08/2003

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