L'implantation des PME en Roumanie
Financements et soutiens divers

Les PME ont un avenir en Roumanie.

Pays francophone de près de 22 millions d'habitants, la Roumanie a accueilli de nombreuses entreprises françaises faisant de notre pays l'un des tout premiers investisseurs étrangers. Si cette présence française est, jusqu'à présent, surtout l'apanage des grandes sociétés, il existe dans ce pays des raisons pour les PME de s'y implanter soit pour y desservir le marché local, le deuxième des pays de la zone Peco après la Pologne, soit pour y produire des compléments de gamme, en y développant des activités de sous-traitance. Les PME peuvent bénéficier localement de soutiens financiers et de conseils divers.


Les PME candidates à l'implantation doivent avoir des objectifs clairs si possible exposés dans un "Business Plan".

Selon les praticiens français interrogés, l'association avec un partenaire local peut être utile en raison des introductions qu' il est censé avoir et donc de sa capacité à faire "avancer les affaires", mais ce n'est pas forcément un impératif. La maîtrise du capital et de la gestion sont très importantes . De même, il est recommandé de détacher au moins dans la phase de démarrage un expatrié chargé de la production et du contrôle qualité. Il est préconisé également, pour favoriser la réduction des coûts, de s'implanter dans une région où sont déjà installées des firmes avec lesquelles peuvent être passés des accords d'approvisionnement, d'expédition etc..
Le dirigeant de PME doit savoir que le contact humain est indispensable et donc la fréquence de missions préalables à l'implantation, importante. Les coûts ainsi engendrés doivent être intégrés dans le montant de l'investissement que la société est prête à réaliser. Le niveau de cette mise de fonds sera un élément souvent déterminant du soutient que l'entreprise pourra ensuite trouver auprès des prêteurs .


Les PME peuvent bénéficier en Roumanie d'un certain nombre de soutiens.

Des soutiens financiers émanant de bailleurs de fonds tant locaux que multinationaux. Certains projets peuvent être financés par des dons du programme Phare de l'Union Européenne; les entreprises doivent s'adresser au CFCU (Central Finance and Contract Unit ) qui dépend du Ministère des Finances roumain. Des lignes de crédit émanant de la même source sont également disponibles via des Banques commerciales ; dans ce cas, les conditions d'éligibilité peuvent être restrictives , en terme de lieu d'implantation et de détention de capital.

La BERD intervient également soit par l'entremise de Banques commerciales soit en prenant des participations dans des fonds de capital risque. La BERD a signé un certain nombre d'accords avec plusieurs banques telles la BRD-Groupe Société Générale, la BCR, Alphabank, la Banque Tiriac, la Banque Transylvania et Bancpost au terme desquels elle octroie des lignes de crédit de montant variable destinés à financer des projets de PME.
Elle s'est également engagée à accorder sa garantie à des opérations montées par trois établissements : la Banca Transylvania, Raffeisenbank et Miro Bank.

La SFI, filiale de la Banque Mondiale, intervient également en accordant des lignes de crédit à certaines banques : Bancaromanesca, Demirbank (racheré récemment par UniCredito), Bancpost, à charge pour celles-ci de proposer des prêts aux PME.

Les Banques Commerciales accordent aussi des crédits aux PME sans recours aux lignes des bailleurs internationaux. Elles multiplient aussi les offres de nouveaux produits. Les prêts sont faits tant en Lei qu'en devises et sur une durée moyenne de 5 ans.
La BRD-Groupe Société Générale développe de plus avec succès des formules de leasing ainsi que le Foctoring tant domestique qu'export.

Les micro entreprises et les Start-Up peuvent également bénéficier de certains financements. Outre la garantie qu'elles peuvent obtenir du fonds créé par le gouvernement (National Garantee Fund for SMEs) elles peuvent, sous certaines conditions, s'adressser à d'autres fonds tels le Fonds Germano-Roumain ou au Programme de dons pour le soutien aux Start-up, micro entreprises et nouvelles PME mis sur pied dans le cadre du projet UE-Roumanie de cohésion économique et sociale.

Un établissement spécifique aux microcrédits, MIRO Bank, accorde des prêts d'un montant compris entre 3000€ et 20 000€, sans réclamer nécessairement de business plan. Le programme Ricop de l'UE visant à aider à la reconversion des employés des industries en cours de restructuration alloue environ 30 M€ aux PME.

Enfin, en France, la procédure du Fasep-Garantie permet aux entreprises qui souhaitent financer l'implantation d'une filiale en Roumanie d'obtenir une garantie facilitant l'obtention d'emprunts. Ces dossiers sont instruits par les directions régionales de la Coface et de la BDPME .

Les PME bénéficient aussi d'incitations d'ordre divers notamment fiscal et douanier. On citera essentiellement les facilités fiscales destinées à soutenir les investissements réalisés par les entreprises de production, celles de service et les exploitations agricoles. Les PME sont exonérées de taxes sur les bénéfices réinvestis et voient leurs impôts diminuer au fur et à mesure qu'elles créent des emplois.

L'Agence Gouvernementale pour les PME -qui a remplacé le Minsitère des PME- encourage l'essor des PME en régions via huit Agences de Développement Régional.
Des "Centres d'Affaires" ont été créés par divers organismes tels le PNUD, l'IBD/GTZ (organisme de coopération allemand), le Know-How Fund britannique, l'USAID etc...pour épauler ces initiatives.


La Roumanie présente de réelles opportunités qu'il faut sans doute saisir dès à présent.

Au delà des nombreux obstacles que tout investisseur rencontre dans la plupart des pays émergeants, bureaucratie, corruption, faible esprit d'initiative, d'entreprise etc...il n'en demeure pas moins que ce qui a attiré les grands groupes peut aussi séduire les PME; il s'agit de la taille du marché, de la qualité et du faible coût de la main d'oeuvre, souvent polyglote de surcroît, de la proximité du débouché que constitue l'UE et sans doute, encore plus, la perspective de l'adhésion de la Roumanie à l'UE qui devrait favoriser l'accroissement du pouvoir d'achat de sa population.
Il faut également souligner la sérénité du climat social et l'avidité de consommer dont font preuve les roumains dont le pouvoir d'achat, sans doute grâce à une économie grise trés répandue, est plus élevé que ne le laissent supposer les chiffres officiels.
On évoquera enfin un réseau de soutien tant public que privé français sur place de nature à rassurer les futurs investisseurs.
En effet, la Mission Economique de l'Ambassade est à même de guider et conseiller les nouveaux arrivants qui peuvent aussi compter, en Régions, sur l'appui des centres culturels de Timisoara, Cluj et Iasi qui ont vocation à favoriser les implantations françaises sous leurs diverses formes.

Par ailleurs, plusieurs Cabinets Conseil privés français sont installés de longue date dans le pays ; la présence d'une Banque Commerciale majeure ainsi que celles de la Chambre de Commerce et d'Industrie Française en Roumanie et d'une section trés active de Conseillers du Commerce Extérieur de la France constituent également autant de sources de renseignements et d'avis préalables à l'implantation .

En conclusion, on peut rappeler que si la France est l'un des premiers investisseurs étrangers dans le pays, l'Italie est le pays qui détient la part de marché la plus grande avec 25 % au premier semestre 2003 , suivie de l'Allemagne (15,8 %). Une présence accrue de nos PME permettrait sans doute à notre pays d'accroître sa propre part de marché qui se situe aujourd'hui à 7%.



Mission Économique de Bucarest
Rédigée par : Adrien Fust & Romain Guizard
Revue par : Luc Roudié
Date de parution : 01/08/03
Version originelle du 10 mai 2002
Version n°2 du 1er août 2003

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